Après le classement écoles de commerce SIGEM 2015 : panorama des spécialisations par établissement

Chaque printemps, la publication du classement SIGEM vient rythmer la vie des étudiants de classes préparatoires et de leurs familles, qui scrutent avec attention les mouvements de places entre les écoles de commerce françaises. L’édition 2015 ne fait pas exception et confirme, chiffres à l’appui, une hiérarchie déjà bien installée tout en révélant quelques évolutions intéressantes chez les établissements de milieu et de bas de tableau.

En bref

  • Le classement SIGEM 2015 reflète les préférences des candidats à partir des choix effectués par les étudiants admis dans plusieurs grandes écoles de commerce.
  • Les écoles de tête comme HEC, l’ESSEC et l’ESCP conservent des taux de préférence très élevés, proches de 100 %, confirmant leur position dominante.
  • La méthodologie du SIGEM repose sur les désistements croisés, permettant de mesurer l’attractivité réelle d’un établissement face à la concurrence.
  • Le système d’admissibilité révèle une forte sélectivité, illustrée par le ratio entre le nombre de candidats et les places disponibles dans les écoles les plus prestigieuses.
  • L’utilisation d’algorithmes de type Elo, comme le DAUR, affine l’analyse en simulant des milliers de duels virtuels entre les écoles pour obtenir une hiérarchie plus nuancée.
  • Au-delà des classements, la diversité des spécialisations offertes, notamment en finance ou en management, joue un rôle crucial dans le choix final des étudiants selon leur projet professionnel.

Analyse du classement SIGEM 2015 et préférences des candidats

Le système SIGEM, acronyme du Système d’Intégration aux Grandes Écoles de Management, repose sur un principe simple mais redoutablement efficace pour révéler les préférences réelles des candidats. Lorsqu’un étudiant est admis dans plusieurs écoles à la fois, il doit faire un choix, et c’est précisément ce choix qui alimente le calcul du taux de préférence de chaque établissement. Pour la session 2015, HEC affiche un score quasi parfait de 99,6%, suivi de très près par l’ESSEC à 97,5% et par EM Lyon à 95%. L’EDHEC n’est pas en reste avec 99% de préférence, tandis qu’ESCP Europe atteint le maximum théorique de 100%, preuve que quasiment aucun étudiant admis dans cette école ne lui préfère un autre établissement. Ces chiffres, aussi flatteurs soient-ils pour les écoles concernées, méritent d’être analysés avec du recul, tant la méthodologie du classement dépend largement du nombre de matchs disputés entre établissements plutôt que d’une évaluation absolue de la qualité pédagogique.

Les résultats détaillés du classement SIGEM 2015 et méthodologie

Au-delà du trio de tête, la cartographie complète du classement SIGEM 2015 dessine une hiérarchie assez nette entre plusieurs groupes d’écoles. Audencia se positionne avec un taux de préférence de 65%, Grenoble EM affiche 92%, tandis que Toulouse Business School enregistre 73,5%. NEOMA, fraîchement issue de la fusion entre l’ESC Rouen et l’ESC Reims, obtient 66,5%, un score honorable pour une école en pleine construction de son identité. SKEMA, née elle aussi d’un rapprochement entre l’ESC Lille et le CERAM Business School, affiche 68,5%, tandis que KEDGE, née de la fusion entre l’ESC Bordeaux et l’ESC Marseille, atteint 78%. Plus bas dans le classement, on retrouve l’ESC Dijon devenue BSB à 82%, l’ESC Rennes à 64%, Télécom École de Management à 61,5%, ou encore Montpellier Business School à 74%. EM Strasbourg complète ce paysage avec 73%, tandis qu’ICN et INSEEC ferment le classement à 51% chacune. Il faut cependant garder à l’esprit qu’une donnée aussi brute que sont admissibles à comprendre les mécanismes réels du marché de l’admission ; c’est notamment le cas pour ce qui concerne les barres d’admissibilité, véritables indicateurs de sélectivité. HEC Paris a ainsi attiré 5.222 candidats pour une barre fixée à 13,91 et seulement 700 places d’admissibles, un ratio qui illustre la rareté des places au sommet. L’ESSEC a quant à elle enregistré 5.614 candidatures pour une barre à 13,05 et 890 admissibles, alors qu’ESCP Europe a vu déferler 6.054 candidats pour une barre légèrement plus basse de 12,87 avec 1.355 admissibles. EM Lyon et l’EDHEC, avec respectivement 7.323 et 6.975 candidats, affichent des barres d’admissibilité de 12,12 et 11,90 pour des contingents d’admissibles bien plus larges, à savoir 2.083 et 2.506 places.

Les arbitrages des étudiants entre HEC, ESSEC et EDHEC

Le nerf de la guerre dans le SIGEM reste l’arbitrage individuel de chaque double admis, ce moment où l’étudiant doit trancher entre deux écoles qui l’ont toutes deux acceptées. C’est exactement ce mécanisme de désistements croisés qui permet de mesurer, école par école, combien de candidats préfèrent finalement HEC à l’ESSEC, ou l’EDHEC à EM Lyon. Une approche plus fine que le simple classement brut a d’ailleurs émergé depuis quelques années, portée notamment par le DAUR qui utilise un algorithme de type Elo, inspiré des systèmes de classement utilisés aux échecs, pour comparer les écoles sur la base de matchs virtuels. Environ 25.000 matchs sont ainsi simulés chaque année entre les différents établissements, ce qui permet d’obtenir une image beaucoup plus nuancée que le simple pourcentage de préférence. Ce système révèle un écart de plus de 550 points entre les trois écoles de tête et l’établissement suivant dans la hiérarchie, traduisant une probabilité de 95% qu’un double admis choisisse HEC, l’ESSEC ou ESCP plutôt que l’école classée quatrième. On notera d’ailleurs que sur la dernière décennie, l’emlyon business school, historiquement bien installée en quatrième position, a fini par être dépassée par l’EDHEC en 2021, mettant fin à une longue période de suprématie relative dans ce quatuor de tête.

Cartographie des spécialisations proposées par les grandes écoles

Si le classement SIGEM donne une photographie précise des préférences des étudiants, il ne dit rien en revanche des spécialisations et des parcours pédagogiques qui distinguent réellement chaque établissement. Les grandes écoles françaises ont en effet développé, au fil des années, des identités fortes autour de domaines de prédilection comme la finance, le marketing, l’entrepreneuriat, le big data, la responsabilité sociétale des entreprises ou encore la supply chain. C’est précisément cette diversité de spécialisations qui permet à un candidat de choisir une école non seulement en fonction de son prestige, mais aussi de son projet professionnel personnel.

Les masters spécialisés en finance et management dans les écoles parisiennes

Paris concentre historiquement l’essentiel de l’offre en matière de masters spécialisés en finance, avec HEC, l’ESSEC et ESCP Europe qui rivalisent d’ambition pour attirer les meilleurs profils. Ces trois écoles proposent des cursus allant du Master en management classique jusqu’aux MSc et Mastères spécialisés, en passant par des filières MBA et Executive destinées aux professionnels en reconversion ou en accélération de carrière. Les domaines couverts vont bien au-delà de la finance traditionnelle : marketing digital, entrepreneuriat, gestion de la RSE et du développement durable, ou encore pilotage de la supply chain font désormais partie intégrante des maquettes pédagogiques. C’est dans ce contexte concurrentiel que doivent choisir leur voie les élèves qui hésitent entre plusieurs propositions, une réflexion résumée par une formule qui circule parmi les préparationnaires : la aatt3910 school illustre bien cette tension entre prestige académique et adéquation avec un projet professionnel précis. Les écoles parisiennes se distinguent également par leurs sections dédiées à la vie associative, à l’insertion professionnelle et à l’ouverture internationale, autant d’éléments qui pèsent dans le choix final des étudiants au moment des désistements croisés.

Les programmes internationaux et doubles diplômes en Europe

L’ouverture à l’international constitue un autre axe de différenciation majeur entre les établissements. De nombreuses écoles françaises ont noué des partenariats avec des universités européennes pour proposer des doubles diplômes, une option particulièrement prisée des étudiants souhaitant enrichir leur CV d’une expérience académique à l’étranger. Ces programmes s’accompagnent souvent de séjours obligatoires ou optionnels, de stages en alternance à l’étranger et de certifications reconnues par des labels et accréditations internationales. Le mouvement de fusion qui a touché plusieurs écoles françaises depuis 2009 s’inscrit d’ailleurs dans cette logique de consolidation et de visibilité à l’échelle européenne : Skema est ainsi née du rapprochement entre l’ESC Lille et le CERAM Business School, tandis que KEDGE et NEOMA ont suivi des logiques similaires en 2013. Ces opérations n’ont pas toujours été couronnées de succès, comme l’illustre l’échec retentissant de la fusion France Business School en 2012, qui a entraîné des pertes de plusieurs centaines de points dans le classement Elo pour les écoles concernées. À l’inverse, Skema a su tirer profit de sa nouvelle taille pour progresser année après année, gagnant en moyenne 116 points annuels depuis 2014, un signe que les fusions, lorsqu’elles sont bien menées, peuvent renforcer durablement l’attractivité d’un établissement.

Parcours d’admission et préparation aux concours des écoles de commerce

Derrière chaque ligne du classement SIGEM se cachent des mois, voire des années, de préparation intensive pour les candidats. Les voies d’accès aux grandes écoles de commerce sont multiples et ne se limitent pas à la classe préparatoire traditionnelle, même si celle-ci reste la voie royale pour intégrer les établissements les plus prestigieux.

Les différentes voies d’accès : classes préparatoires et admissions parallèles

La voie classique reste celle de la prépa économique et commerciale, qui rassemble chaque année environ 10.000 préparationnaires candidats au concours de la Banque Commune d’Épreuves, communément appelé BCE. Parallèlement, environ 8.500 candidats se présentent au concours Ecricome, une alternative qui donne accès à un réseau d’écoles différent mais tout aussi reconnu. Au total, ce sont environ 7.700 places qui sont proposées chaque année à travers ces deux concours, un chiffre à mettre en perspective avec le nombre de candidatures pour mesurer la sélectivité réelle du système. Mais la classe préparatoire n’est pas la seule voie possible : de nombreux étudiants choisissent désormais les admissions parallèles après un bac+2, un bac+3 ou même un bac+4, à travers des concours comme Passerelle, ACCES ou SESAME. Ces voies alternatives permettent à des profils variés, parfois issus d’IUT, de BTS ou de licences universitaires, de rejoindre les mêmes bancs que les anciens préparationnaires, enrichissant ainsi la diversité des promotions.

Les épreuves des concours BCE et Ecricome en 2015

Concrètement, les épreuves des concours BCE et Ecricome combinent tests écrits, épreuves de langues, dissertations de culture générale et entretiens de personnalité, avec des coefficients qui varient sensiblement d’une école à l’autre selon le poids qu’elle accorde à chaque compétence. L’inscription à ces concours nécessite généralement le versement d’un acompte, fixé à 800 euros pour l’ensemble des frais liés au BCE et à Ecricome, une somme non négligeable qui pousse de nombreuses familles à recourir à des cours particuliers en mathématiques, anglais, physique-chimie, français ou informatique, voire à des stages intensifs de révision dans les semaines précédant les épreuves. Ces dispositifs d’accompagnement, souvent accessibles via des numéros dédiés, viennent compléter la préparation dispensée en classe préparatoire pour maximiser les chances de réussite. Une fois les résultats d’admissibilité connus, les candidats se présentent aux oraux, avant de recevoir leurs propositions d’admission et d’entrer dans la fameuse phase de désistement qui alimente précisément les données du classement SIGEM. Choisir son école selon son niveau, ses aspirations et son projet professionnel reste in fine la meilleure stratégie, bien plus pertinente qu’une lecture strictement mécanique des classements, qui ne reflètent qu’une partie de la richesse et de la diversité des parcours possibles dans l’enseignement supérieur de management en France et en Europe.

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